-->Le ras-le-bol d’un peuple réduit à la misère.
25 janvier. GUINEE.
Communiqué de Survie
Le 10 janvier 2007 l’intersyndicale réunissant la confédération nationale des travailleurs guinéens (CNTG) et l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG) a déclenché une grève générale, la 3ème en un an.
Les revendications portent sur la baisse du prix des produits de base, la hausse des salaires, la lutte contre la corruption. Les syndicats demandent aussi la formation d’un gouvernement d’union nationale, estimant que l’actuel président Lansana Conté n’a plus la faculté de gouverner, du fait de son état physique et mental. Il a montré son mépris de la justice guinéenne en allant en personne, en décembre 2006, libérer son ami le milliardaire Mamadou Sylla arrêté deux semaines auparavant et mis en détention sous l’inculpation de corruption. 15 jours après le début de la grève, la répression qui a répondu au mouvement populaire a déjà fait au moins une trentaine de morts. Les responsables de la CNTG, Brahima Fofana, et de la CNRG, Hadja Rabiatou Serah Diallo, ainsi que sept autres dirigeants syndicaux, ont été arrêtés, après avoir été menacés de mort par Lansana Conté lui-même, en guise de dialogue. Les tirs sur la foule et les arrestations sont le fait de la garde présidentielle, où sévit le propre fils de Lansana Conté, le capitaine Ousmane Conté, qui s’est distingué dans la répression.